Eglise Protestante de Nice

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Les témoins de Jésus-Christ qu’évoque l’auteur de l’épitre aux Hébreux sont étrangers et voyageurs sur la terre et recherchent une patrie meilleure. Ne pourrait-on en dire autant des acteurs de l’histoire de la tradition réformée à Nice.

L’histoire montre en effet que l’Evangile, sous les aspects dégagés et soulignés par la Réforme a été prêché à Nice, à l’époque moderne par des étrangers au pays : Américains et Européens du Nord venant goûter aux charmes de la Côte d’Azur, Vaudois des vallées des Alpes du Piémont, ou Suisses Francophones attirés par Nice et sa région.

Les Vaudois furent les premiers à envisager la construction d’un temple inauguré en 1857, les épiscopaliens américains construisent leur Eglise en 1886. Les français achetèrent un immeuble dont ils firent un temple en 1902. L’évolution de la vie économique et des flux de population ont conduit ensuite à des fermetures (Eglise vaudoise enl939, Eglise américaine après le départ de la flotte américaine et à l’installation de l’Eglise Réformée au boulevard Victor Hugo en 1974.

LE TEMPS DES VAUDOIS

Lors de sa réunion à la France en 1860, Nice compte, outre les originaires du Comté, des ressortissants d’autres pays. Tous ne sont pas catholiques. Ce sont, entre autres, les Vaudois du Piémont ; leur origine remonte au 1 Sème siècle où le mouvement des « Pauvres de Lyon » de Pierre VALDO se répandit dans toute l’Europe.

Après des péripéties diverses (persécutions, exil, tolérance) le roi Charles Albert leur a reconnu successivement l’exercice des droits civils (17 février 1848) et la pratique de religions autres que catholiques. Un certain nombre de Vaudois sont installés à Nice où ils travaillent dans l’hôtellerie ou le tourisme. La Table Vaudoise, à Torre Pelice leur a envoyé un pasteur et ils ont obtenu l’autorisation de bâtir un temple, rue Gioffredo, inauguré en 1857. Les Vaudois francophones ou italophones trouvaient à côté d’eux des œuvres d’évangélisation d’origine française ou anglaise. Du coup il était difficile de se rattacher à une union d’Eglises solides ; Le rôle des hommes devint prépondérant, en particulier celui du pasteur Léon PILATTE.

Dès 1895, la Table Vaudoise supprima le poste de pasteur italophone. Des cultes furent célébrés, dans le temple vaudois, tantôt en français, tantôt en italien.

En juillet 1939, le temple est vendu et les paroissiens invités à se rattacher à l’Eglise Evangélique Réformée ; ils constituent, malgré leur petit nombre, un noyau solide et dévoué qui permet de renforcer les liens entre l’ERF de Nice et les protestants des vallées et de Gênes.

L’EGLISE REFORMEE

Après des années de vie commune ou parallèle avec les Vaudois, les réformés de langue française abordèrent les étapes suivantes dans les années 1900-1902 : Constitution d’un comité de responsables, organisation paroissiale, acquisition d’un lieu de culte.

Comme pour les Vaudois en 1850, les choses furent menées rondement. En 1902, les protestants acquirent boulevard Dubouchage un bâtiment qui avait servi de Bourse des Valeurs de l’Etat Sarde, puis de galerie artistique. Malgré les événements tragiques des deux guerres, l’Eglise Réformée de Nice, rattachée d’abord aux Eglises réformées évangéliques, puis, après 1938, à l’ERF, poursuivit sa tâche avec un, deux puis trois pasteurs dans une période de croissance de la ville et de son développement touristique. Le bâtiment du Boulevard Dubouchage posait de graves problèmes de maintenance et d’aménagement. C’est pourquoi, dans les années 1970, ayant appris alors la décision de l’Eglise Episcopalienne Américaine de fermer son Eglise à Nice, le Conseil Presbytéral décida de se procurer les fonds nécessaires à l’achat de l’Eglise « Holy Spirit » du boulevard Victor Hugo ainsi que du presbytère, en vendant le terrain et les bâtiments du boulevard Dubouchage.

C’est en 1974, avec l’aide bienveillante de la ville de Nice, que la paroisse protestante réformée s’installa au boulevard Victor Hugo. Pour permettre les activités paroissiales et diaconales de l’Eglise, le Centre Protestant de Rencontres fut construit rue Maccarani.

Dans le cours des années 80, des salles de culte furent ouvertes dans les secteurs Nord et Ouest de la ville.

A la fin des années 90, la Construction du Centre Ouest, Avenue Sainte Marguerite donnait un nouvel instrument pour le témoignage dans la vallée du Var.