Histoire

Troubles dans les Églises Germanophones

La communauté évangélique de langue allemande est la seconde colonie étrangère en nombre dans le comté de Nice. Elle est composée d’Allemands, de Scandinaves, de Russes des provinces baltes, de Suisses alémaniques et de Néerlandais. Dès 1848 , des petits groupes d’obédiences diverses se rassemblent créant une véritable concurrence entre les divers comités religieux. Les germanophones forment une petite communauté de tendance luthérienne. La plupart parlent le français, mais pas les domestiques qu’ils emmènent avec eux. Pilatte avait déjà tenté d’instituer des cultes en allemand dans le temple de la rue Gioffredo. Un jeune homme originaire du Wurtemberg qui a passé sa jeunesse dans un environnement piétiste, se sent la vocation d’un missionnaire et souhaite s’installer à Nice pour s’occuper de la communauté germanophone. En 1860, la petite communauté sans reconnaissance légale du gouvernement sarde tombe donc sous le coup de lois françaises très restrictives vis-à-vis des cultes non reconnus. Napoléon III, en 1861, rattache les luthériens des Alpes-Maritimes au consistoire de l’Église de la Confession d’Augsbourg de Paris.

Table des matières

  1. DIE DEUTSCHE EVANGELISCHE KIRCHE, LES DÉBUTS A NICE
    1. La vie de l’Église
    2. L’annexion du Comté de Nice et ses conséquences
    3. Le rattachement au consistoire de Paris
    4. La construction d’un lieu de culte
    5. La guerre franco-allemande et ses conséquences
    6. Les campagnes de presse
    7. Suppression du traitement
    8. 1905
  2. CANNES
  3. MENTON
  4. LES ALLEMANDS A MONACO
    1. Deutsche-evangelische Pastorationsgenossenschaft für Beaulieu-Monaco
    2. Beaulieu
  5. ADDENDA
    1. Des articles organiques des cultes protestants
    2. Le salaire des pasteurs
    3. Arch. Consist. luth, de Paris, Délib., reg. H, conc. Menton
  6. BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE

 

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Troubles dans les Églises Évangéliques des Alpes Maritimes de l’annexion à la séparation

Table des matières

  1. AVERTISSEMENT
    1. Lois Combes 1901-1904
  2. LES ASSOCIATIONS CULTUELLES
  3. LES CONGREGATIONS RELIGIEUSES
  4. BREF RAPPEL DE LA SITUATION RELIGIEUSE AVANT 1860
    1. Dans le comté de Nice
    2. L’arrondissement de Grasse
  5. LE PROTESTANTISME
  6. 1860
    1. Des Eglises
  7. LES COMMUNAUTES PROTESTANTES DES ALPES-MARITIMES
    1. Antibes
    2. Cannes
    3. Grasse
    4. Menton
    5. Vence
  8. LES COURANTS « FRERES »
    1. L’Assemblée des frères
    2. L’Église évangélique baptiste
    3. L’Armée du Salut
  9. LES EGLISES DE LA REFORME A MONACO, BEAULIEU, LA TURBIE
  10. BIBLIOGRAPHIE GENERALE

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L’Église réformée évangélique de Nice

À Nice, en 1901, des protestants décident d’ouvrir une « Église réformée française et non plus italienne » (sic). En effet, leur Église, l’Église évangélique de Nice, est sous l’autorité de la Table vaudoise. Quelques membres créent le Comité protestant français (CPF) en vue de demander à la Table vaudoise la cession du temple (sis rue Gioffredo) et ses œuvres à l’Église réformée concordataire de France.

Pour comprendre cette déchirure, cette lutte fratricide qui s’engage, il faut remonter à la situation des Églises protestantes lors de l’annexion. Dans l’ancien comté de Nice, l’année 1860, année de la « réunion » 1 à la France, fut pour toutes les Églises issues de la Réforme, une année charnière. Elles devaient s’adapter au droit français. Selon leurs habitudes et leur nationalité, elles firent des choix qui eurent des conséquences jusqu’en 1905, lors de la Séparation des Églises et de l’État. Ainsi d’Église indépendante, la paroisse évangélique allemande du pasteur Mader devint une Église concordataire tandis que l’Église vaudoise se constitua en Église libre.

La fin du XIX e siècle voit une montée du nationalisme dans les pays européens. L’ancien Comté n’y échappe pas encore déchiré entre France et Italie. Les Églises remettent en question leur appartenance nationale. Climat politique et idéologie nationaliste alimentent les débats.

Aucune étude systématique sur l’Église réformée évangélique de Nice n’a été entreprise jusqu’ici. Nous ne disposons que de quelques notices rédigées par des pasteurs ayant résidé dans la région au XIX e siècle, dont celles d’Hippolyte Draussin, Charles Luigi et Édouard Corinaldi, les amis et collaborateurs de Léon Pilatte 2 , missionnaire, évangéliste, pasteur de l’Église évangélique libre de Nice et publiciste. Ce sont des récits de mémoire plus que d’historien.

Table des matières

  1.  PROLÉGOMÈNES
  2. DE LA PROVINCIA DI NIZZA AUX ALPES-MARITIMES
    1. Annexion, rattachement, réunion ou union ?
  3. LE PROTESTANTISME EN FRANCE AU XIX E SIÈCLE
    1. Le Concordat
    2. Le Réveil
    3. Vers la laïcité
    4. Le salaire des ecclésiastiques
  4. LA NATIONALITÉ ET L’IMMIGRATION
    1. Le nationalisme dans l’ancien comté de Nice
    2. Nice à l’aube du XX e siècle
    3. Les Italiens
  5. L’ÉGLISE VAUDOISE
    1. Contexte fin du XV e siècle – début du XVI e
    2. Première moitié du XIX e siècle
    3. La Table vaudoise seconde moitié du XIX e siècle
    4. L’Église évangélique vaudoise de Nice
    5. Les prémices d’une rupture
  6. LE COMITÉ PROTESTANT FRANÇAIS
  7. LA RECHERCHE D’UN PASTEUR
    1. Les organisateurs du CPF
    2. Le contexte politique
    3. La réponse de la Chiesa Valdese
    4. Les réactions
    5. Réaction des pasteurs
  8. LES INTERVENANTS RELIGIEUX
    1. La Société centrale protestante d’évangélisation
    2. Le consistoire de Marseille
    3. La Commission permanente du Synode général officieux
    4. La Conférence fraternelle
    5. Le Conseil central
  9. UNE CAMPAGNE DE PRESSE-LA POLITISATION
    1. La candidature de Léopold Pellier
    2. Pellier pasteur auxiliaire
    3. Le local de la rue Pertinax et son aménagement
  10. LA CRÉATION DE LA PAROISSE
    1. 10 décembre 1901 – Inauguration de la rue Pertinax
    2. La vie de la paroisse
  11. LE TEMPLE DU BOULEVARD DUBOUCHAGE
  12. LE FINANCEMENT DU TEMPLE
  13. LE TRAITEMENT DU PASTEUR
    1. Des traitements convoités
    2. Une rente
    3. Le fond de garantie pour le paiement du traitement du pasteur
  14. LA CRÉATION OFFICIELLE DE LA PAROISSE 30 DÉC. 1902, « UNE DOUCE IRONIE… »
    1. Installation de Léopold Pellier le 26 avril 1903
  15. ÉPILOGUE

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Être protestant dans le comté de Nice

De 1814 à 1860, le comté appartient au royaume de Piémont-Sardaigne profondément catholique. Jusqu’en 1848, seul le protestantisme des étrangers (et son expression dans leur langue) est toléré mais soumis à autorisation. Tout prosélytisme leur est interdit. Les Vaudois, dont la langue cultuelle est le français, sont enfermés dans leurs vallées piémontaises. Par l’Édit d’émancipation du 17 février 1848, ils reçoivent des droits civiques et politiques. Deux semaines plus tard, le Statut Fondamental (4 mars) proclame, dans tout le royaume, la tolérance ainsi qu’une certaine liberté d’expression. Désormais les dissidenti peuvent, après autorisation, célébrer publiquement leurs cultes et obtenir des lieux d’ensevelissement. Cavour accentuera cette politique de sécularisation de l’État. Le statut de 1848 permet aux missionnaires méthodistes venus d’Angleterre de s’installer dans la région. Dans le cadre des bouleversements politiques que connaît l’Italie avec le Risorgimento et, à partir de 1859, la formation de l’Unité, les protestants pensent que le moment est favorable pour l’évangélisation et, avec les principes démocratiques, de faire connaître les vraies valeurs spirituelles du christianisme. Mais le protestantisme dans cette région reste une religion des élites, qu’elles soient françaises ou étrangères.

1ère partie : les premiers Évangélistes

  1. Prolégomènes
  2. Les 1ers évangélistes dans le comté de Nice avant 1848
  3. Registres et État civil des non catholiques
  4. Les enterrements
  5. Bilan
  6. Biographie

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2ième partie : Confrontations identitaires dans le comte de Nice
Vaudois et Méthodistes dans le cadre du Risorgimento

  1. Prolégomènes
    1. Réveil et Risorgimento
  2. Le comté, terre de mission, terre d’asile !
    1. Charles Cook (1787-1858)
    2. John-Nelson Darby (1800-1882)
    3. Matthieu Gallienne et les Frères wesleyens
  3. Le Risorgimento
    1. Les groupes en présence
    2. Les comités d’évangélisation pour l’Italie
      • La London City Mission
    3. La controverse doctrinale
    4. La controverse politique
    5. Piero Guicciardini
    6. Luigi De Sanctis et Bonaventura Mazzarella
  4. Bilan
  5. Quelques dates
  6. Bibliographie

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L’Évangélisation dans les Alpes-Maritimes

Résumé

La Réforme se veut une épuration des pratiques catholiques considérées comme « païennes » et superstitieuses et ayant « défiguré la vérité chrétienne ». En particulier, être réformé c’est : – refuser certains gestes : signes de croix, processions, génuflexions devant les images et les reliques, – ne plus voir dans la vierge Marie et les Saints les médiateurs de la grâce divine et refuser de leur rendre un culte, – ne plus faire d’enterrement à l’Église. Pour éviter toute superstition, longtemps les pasteurs ne firent aucune prière ou prédication lors des enterrements. Confiants dans la grâce divine, les réformés n’eurent plus besoin de rites ou
prières au moment de la mort (les cérémonies d’enterrement seront rétablies plus tard). Les morts sont confiés à la miséricorde de Dieu qui leur accorde le salut. Cette abstention implique une révolution mentale par rapport aux comportements ancestraux : il n’y a plus de temps, ni de lieux, ni d’images ou d’objets sacrés.

Les réformés remplacent la messe dont le centre est l’eucharistie par le culte dont le centre est la prédication. Le culte est célébré tous les dimanches par la communauté toute entière qui se rend au temple pour louer Dieu, entendre sa Parole et le prier. Le chant des psaumes par l’assemblée des fidèles tient une place importante. La Cène (qui remplaça l’eucharistie) au XVIe s. était célébrée en général 4 fois par an, lors des grandes fêtes chrétiennes et non plus tous les dimanches. Le pain et le vin sont distribués aux fidèles.

L’Église évangélique de Nice est considérée d’abord comme une Église de nantis avec une religion différente de celle de la population mais étrangère, fréquentée par de riches aristocrates. Son rattachement à la Table vaudoise la fait apparaître comme une Église italienne. À partir de 1860, en dépit de son « détachement » de la Table vaudoise, (qui fut semble-t-il un sacrifice) elle ne perd pas, pour autant, sa caractéristique italienne ayant deux pasteurs l’un francophone, l’autre italophone. En 1875, au second rattachement à la Table vaudoise, et malgré le nombre croissant de membres français, petit à petit, le champ sociologique des membres se modifie, mais elle sera encore perçue comme italienne. Administrativement elle l’est, bien que la langue officielle soit le français, les prédications en italien venant en second rang. L’Église évangélique de Nice est le reflet de l’ambiguïté politique et culturelle du comté, partagé entre France et Italie au XIX e siècle. La situation ne fut guère meilleure dans les petits villages de l’arrière-pays, l’évangélisation y fut toujours problématique et aléatoire.

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Plan

  1. La Réflexion sur les moyens de l’évangélisation
    1. Des conférences
      1. Les Conférences des Églises évangéliques du littoral
      2. L’École Sainte-Philomène
    2. Les œuvres de l’Église vaudoise
      1. Le Comité d’évangélisation
      2. La Chiesa Cristiana Evangelica Italiana
    3. Les sociétés de secours mutuel
    4. Autres œuvres protestantes
      1. Les Maisons hospitalières pour jeunes filles
      2. Union chrétienne de Jeunes Filles
      3. L’Union chrétienne des Jeunes Gens
      4. La Société des fourmis
    5. Les missions
      1. La Mission Mac All
      2. La Mission intérieure
      3. La Mission populaire
      4. La Mission évangélique
  2. Regard sur l’évangélisation

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L’Évangélisation dans le comté de Nice

Résumé

Dans le comté de Nice et l’arrondissement de Grasse, l’évangélisation commence au début du XIX e s. par les colporteurs genevois et français qui, au gré de leur séjour, vendent et distribuent Bibles et livres religieux. Ils s’installent auprès des foires et des marchés, ils vont aussi de maison en maison. Puis arrivent des évangélistes qui sont souvent aussi instituteurs, envoyés par des sociétés évangéliques de Paris ou de Genève, parfois ils sont recrutés par des familles étrangères fortunées. La promulgation du Statuto fondamentale en 1848, permet aux évangélistes venant d’Angleterre de se lancer dans l’évangélisation de cette région. Des petites communautés se forment ainsi un peu partout. Dans un second temps, arrivent des évangélistes italiens. Parmi les moyens de l’évangélisation, les cultes, conférences, réunions mais aussi et surtout les écoles évangéliques et les comités de bienfaisance.

Ce n’est que vers la fin des années 1870, que l’évangélisation devient plus systématique et organisée grâce à la création de nombreuses œuvres fondées et destinées à la conversion au moyen de réunions publiques et de conférences. Quoique les sociétés d’évangélisation françaises soient supposées s’occuper uniquement des protestants disséminés, les hommes et les femmes qui composent les petites ecclésioles naissantes sont, sauf exception, des convertis, d’anciens catholiques romains.

In the county of Nice and the district of Grasse, evangelising started in the beginning of the 19th century by traveling salesmen from Geneva and France who whilst they travelled sold and distributed bibles and religious books. They chose market places to give their books and also went from door to door to place their goods .Afterwards the Evangelists arrived who were often school teachers sent by Evangelist societies from Paris or Geneva and / or recruted by rich foreign families. The publication of the ‘Statuto Fondamentale’ in 1848 allowed other Evangelists coming from England to start more Evangelising in that area. Small communities start to form in places around. Then the Italien Evangelists arrived also. Amongst the different methods used to evangelise there were Church services, conferences, reunions, religious schools and charity mouvements.

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Plan

  1. Des Réunions Publiques
  2. Des Écoles
  3. Le Comte de Nice
    1. 1er département des Alpes-Maritimes 1800-1815
    2. Retour à la Maison de Savoie – 1815-1860
  4. Évolution de l’enseignement en France
  5. Les Écoles Évangéliques
    1. L’école évangélique de Nice
    2. Bilan
  6. Les Œuvres de Bienfaisance
    1. Des asiles
    2. L’Asile Évangélique de Nice
    3. Les Asiles et Orphelinats de Cannes et Menton
  7. Un Bilan Mitigé

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